L'Imagerie d'Épinal

Découvrez son histoire et son savoir-faire exceptionnel, toujours en activité…

À la fin du XVIIIe siècle et jusqu’en 1810, Jean-Charles Pellerin, Maître cartier-dominotier à Épinal, fabrique des jeux de cartes et imprime des images pieuses. Au fur et à mesure de ses productions, il délaisse les estampes religieuses au profit de planches illustrant des événements populaires, sorte de bandes dessinées de l’époque.

La plupart des images sont revendues à la population par les colporteurs. Ils s’arrêtent sur la place des villages et déballent leurs marchandises. Parmi les chapelets, médailles et articles de mercerie, les images ont beaucoup de succès. Commentées, elles donnent l’information et illustrent l’épopée napoléonienne à travers des scènes de bataille ou des portraits de l’Empereur, de sa famille et de ses généraux. La monarchie revenue au pouvoir interdit ces images, mais elles ont déjà conquis le peuple et assureront pour des dizaines d’années la prospérité de la fabrique Pellerin.

Le pouvoir des images

Source d'information, de communication, voire de propagande, les Images d’Épinal constituent le « quatrième pouvoir » bien avant la presse. Aujourd’hui, l’Imagerie d’Épinal, encore en activité, vous permet de visiter ces anciens ateliers, pour un voyage dans le temps.

Imaginez l’activité qui devait régner au XVIIIe siècle, et plus exactement depuis 1796, quand chacun vaquait à ses occupations allant de la livraison de pierres, puis de leur polissage, ainsi que du travail réalisé par les graveurs, les imprimeurs, et les découpeurs de plaques, qui servaient par la suite à appliquer des couleurs au pochoir. Pour produire un papier plus ordinaire, de nombreux moulins fonctionnaient le long des cours d’eau, notamment près de la Moselle, au pied de l’Imagerie actuelle.

Une découverte en couleur

Découvrez la préparation des encres, faites grâce aux pigments dilués à l’eau, qui donnent les teintes majeures sur le papier, apparaissant de manière plus ou moins visible selon les nuances appliquées grâce à de grosses brosses appelées Pochon. C’est ainsi qu’on appliquera au maximum 9 couleurs sur l’aquatype, allant du jaune pâle au bleu roi, en passant par le rouge… Ici, tout se fait à la main. On a du mal à se représenter toutes les étapes nécessaires, et encore plus aujourd’hui, à l’heure du numérique…

L’imagerie d’Épinal détient le label officiel français d’« entreprise du patrimoine vivant », délivré par le ministère des Finances et de l’Économie. Ce dernier consiste à distinguer les entreprises françaises et leurs savoir-faire artisanaux. Résolument moderne, l’Imagerie vous propose désormais une visite avec un Histopad, tablette tactile équipée d’un système audio, qui vous permet une visite en toute autonomie.